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| CHARLOTTE - Dépt. 78 COMPTE-RENDU DE LA FORMATION Le son, là est la première perception alors que nous mûrissons encore au creux de notre mère. Dès lors, nous sommes baignés dans un univers sonore tout au long de notre vie, mais qu'en faisons-nous ? comment l'utilisons-nous ? J'utilisais depuis toujours la musique comme " moyen thérapeutique "intuitivement. J'écoutais de la musique selon mon état d'esprit, parfois lorsque une émotion n'avait pas les mots pour être dite. Je jouais aussi de la flûte lorsque je voulais traduire quelque chose d'inexprimable. Mais il me manquait des clés. Ma formation de psychologie m'avait enseigné des notions
théoriques mais le CIM m'a permis de trouver ce qui y manquait à
mon sens : l'émotion et le corps. La musicothérapie, j'en avais une idée vague, comme
tout patient se projette avant de débuter une thérapie.
La formation commençait dès lors. La première semaine a permis de constituer le groupe, c'est à dire
de créer une dynamique de groupe. Nous avons exploré les
différents stades auxquels est soumis tout petit groupe d'individus
distincts. Nous avons pu travailler le thème de la séparation
non seulement à chaque fin de session mais aussi lors des
départs de Peggy et Alfredo. La première notion de cadre a été posée dans le groupe par J-M Bolangassa de façon simple mais claire par l'image du village. Les règles de fonctionnement à l'intérieur du groupe étaient posées pour toute la durée de la formation : respect et écoute bienveillante de l'autre. Nous abordions la notion de cadre thérapeutique. Les relations entre les individus du groupe et leur mode de communication ont pu être établis également grâce à Y. Vacaïtis et ce au moyen de l'expérimentation. L'implication personnelle était demandée dès le départ. S. Braun nous avait donné le ton dès le premier jour par une demande claire : faire un montage qui vous représente. Il fallait donc donner de soi pour cette formation. Je savais donc qu'il me fallait donner au groupe de ma personne, mais n'est pas cela être thérapeute ? La première semaine surprenante a permis de laisser tomber les masques, mais surtout les défenses. S. Braun ayant posé les bases de ce qu'est la musicothérapie et ses deux voies, active/réceptive, nous pouvions entrer dans le travail formateur. Elle nous enseigne que thérapie c'est d'aller d'un dedans vers un dehors, n'est-ce pas ce qui nous est demandé lorsque nous rencontrons le groupe pour la première fois ? Si au départ, la musique était pour moi un objet extérieur, j'ai dû laisser tomber tous mes préjugés dès la première semaine. Le corps est le premier instrument, évidemment : la voix que nous fait explorer P. Garcia reprise par D. Bertrand, puis le corps par J-M Bolangassa. Il ne cessait de nous répéter : quel est ton premier instrument de rythme ? ton corps ! J'ai alors compris que je pouvais être, comme le groupe, premier objet d'étude de la formation. J'ai également pu faire lien entre les notions d'objet et le travail qui pouvait être effectué dans ce sens au travers de l'instrument avec Y. Vacaïtis ou F. Rouvery par exemple. Comment entrons nous en relation avec l'objet sonore, comment nous nous l'approprions, quel type d'objet sonore choisissons-nous, sommes-nous capables d'en changer, de nous en séparer, comment s'opère cette séparation, comment l'utilisons-nous pour entrer en relation avec d'autres... Au travers de nos expériences, j'ai pu comprendre la richesse de l'objet sonore. Les liens entre le corps, les émotions et le mental ont commencé à être mis en évidence par P. Garcia. La voix qui nous trahit et qui porte tant de sens comme l'a si bien souligné D. Bertrand. Cette voix que nous ne connaissons que trop peu et qui nous indique toutes nos émotions présentes ou refoulées de par son lien à la respiration. Mais aussi la voix qui nous permet de travailler notre schéma corporel de manière intérieure. Ce qui pour moi a été riche d'enseignement, ce sont les liens qui se tissaient au fur et à mesure de la formation entre ce que chaque intervenant avait pu m'apporter, mon expérience, et mes connaissances. Chacun des intervenants nous permettait de poser une pierre de plus à cet édifice qui se structurait. Petit à petit des liens se tissaient. Mais cette richesse tient aussi au partage de la diversité. En tant que groupe, nous étions tous très différents en âge, formation... Les nombreux intervenants, tous riches d'expérience, de savoir, de pratique et d'humanité, nous donnaient avec leur originalité et leur personnalité sans pour autant s'éloigner de la fonction du musicothérapeute. J'ai alors découvert l'individu, sa place, sa spécificité, sa créativité... Théories psychologiques, psychanalytiques, expériences mais aussi clés sont les maîtres mots de cette formation. Certains intervenants comme J. Rivière mais surtout, par la suite D. Laudet et V. Bodu pour la musicothérapie réceptive, S. Braun pour la relaxation, N. Mozzanino pour la sophrologie ou encore C. Meurant m'ont clairement expliqué leur méthode. Nous avons eu des exemples concrets par tous les intervenants et là une marche à suivre nous était donnée quant au cadre, à la manière de parler ou comment exercer sa fonction de musicothérapeute. Au fur et à mesure de la formation, celle-ci gagne en profondeur. Le groupe mûrit, je mûris et les intervenants sont d'une extrême qualité. J'ai alors compris que cette formation m'amenait plus loin que je le supposais. ; encore un préjugé tombait... Mais cette formation, de par sa structure m'a également appris sur la fonction de musicothérapeute. Au départ, avec une licence de psychologie et un travail sur moi débuté il y a 10 ans, j'avais une idée de ce qu'était une thérapie en tant que future thérapeute mais aussi en tant que patiente. J'ai retrouvé l'importance d'être capable d'être " analysant " comme " analysé " au cours de la formation. Le thérapeute se doit de travailler sur lui, thème largement abordé par D. Bertrand. Travailler sur soi implique de prendre conscience de sa place H. Samba par la mise en bouche du conteur en pose les jalons. Le thérapeute n'est pas tout-puissant, mais surtout, il ne sait pas tout ce qu'il peut faire passer de façon involontaire. Alors le " connais-toi toi-même " a pris pour moi tout son sens. Pour être thérapeute, il faut se connaître, il faut être capable de reconnaître l'existence de l'involontaire pour le remarquer et n'est-ce pas cela la musique ? Une fois la conscience de la nécessité du connais-toi toi-même, il faut s'ancrer comme l'a si bien souligné C. Mulard, être capable de ne pas être envahi par la souffrance de l'autre. C'est là que la notion de juste distance intervient. Nous l'avons travaillé également dès le départ avec J-M Bolangassa et H. Samba et ce, de diverses manières. J'ai alors pu trouver ma voie pour m'enraciner. En laissant tomber les masques et défenses, j'ai pu entrevoir l'ouverture. Au départ, l'accent a été mis sur celle-ci. Comment conserver un regard rigide lorsque P. Garcia nous parle de musicothérapie avec des enfants sourds ? J-M Bolangassa pose le cadre en insistant sur l'ouverture, le regard que chacun peut poser sur l'autre. L'ouverture, quoi de plus essentiel pour ne pas enfermer l'autre, le futur patient dans une idée que nous nous faisons de lui ? Pour ne pas entretenir ? Comment pourrait-il y avoir thérapie sans l'ouverture de coeur ? un point essentiel repris au cours des 4ème et 5ème semaine par P. Garcia et C. Mulard. L'ouverture du musicothérapeute envers son patient que j'ai acquise tout au long de la formation. Au départ, j'ai pu m'ouvrir aux membres du groupe, mais également aux intervenants. Il me semble que nous n'aurions pas été aussi ouverts à des pratiques aussi originales que précieuses d'intervenants tels que celles d'A. de Tinguy Simon qui ont pu prendre place après la mise en garde de C. Mulard. La fonction du musicothérapeute commençait à être plus claire dans mon esprit. Je me dois de me connaître autrement mais je dois également prendre ma place entre ciel et terre.. M'enraciner et m'ouvrir, afin d'être à la distance juste du patient tout en le laissant effectuer le transfert qui lui est indispensable pour aller vers un mieux-être. Mais c'est aussi la diversité des intervenants, leur fonction de musicothérapeute unique pour chacun, des publics, tous différents: les enfants sourds avec P. Garcia, les psychotiques avec Y. Vacaïtis ou les autistes avec F. Rouvery, la musicothérapie semblait ne pas avoir de limites. Il fallait trouver sa place en tant que musicothérapeute, car la diversité des publics et des modes d'action m'obligeait à me positionner, à faire des choix qui me correspondaient. J'ai également appris l'humilité dont doit faire preuve tout thérapeute. Apprendre qu'un instant de plaisir offert est déjà beaucoup, grâce à J. Rivière qui m'a permis de ne pas tomber dans l'écueil de la toute puissance. La formation m'a enseigné que la fonction de musicothérapeute, comme celle d'être, demande un travail sur soi jamais terminé qui permet de l'attention juste, la parole juste et l'acte juste. La séparation, le travail de deuil, S. Braun en a souligné l'aspect central dès le premier jour et nous avons pu le travailler sous des angles divers au cours de ces sept semaines. Toutes les religions ont en commun une chose : tendre à l'unité et selon moi, toute souffrance est liée à une séparation entre soi et l'autre ou entre soi et soi. Cette idée est pour moi la CLÉ. Cette unité ou ce manque d'unité est en lien étroit non seulement avec la façon dont je me ressens mais encore à la façon dont je rentre, dont je suis en relation avec l'autre. Nous avons abordé cette notion d'unité au niveau purement biologique : cerveau droit cerveau gauche. Que sont-ils, quels sont leurs modes de fonctionnement ? L'un est digital, l'autre analogique et la musique fait le lien... Elle fait le lien entre ce qui a un sens, connaît la négation, est inscrit dans le temps et ce qui est présent, qui ne connaît pas la négation et métaphorique. La musique peut elle aussi être lue comme une simple partition, de manière analogique mais aussi ressentie de manière digitale. L'unité est aussi corporelle. Le psychotique est morcelé, mais combien d'individus n'ont pas conscience de leur corps dans son ensemble ? Le rapport au corps qui grandit, se transforme, qu'il faut investir, thème central de l'adolescent... Le corps qui nous trahit lorsque l'on avance en âge et qu'il faut souvent apprendre à comprendre autrement. J'avais appris que nous avions cinq sens, je découvrais qu'il n'existait pas que l'extéroceptif. Je peux me percevoir de l'intérieur. Je peux me connaître en utilisant mon corps comme centre de résonance, en explorant ma voix mais aussi en me laissant aller à un autre niveau de vigilance. L'émotion, souvent laissée pour compte mais qui est la clé pour passer d'un dedans à un dehors, d'un ressenti à une verbalisation. L'émotion qui me permet de faire le lien entre ce qui se passe à l'intérieur de moi et ce qui est en dehors de moi. L'émotion qui fait lien entre le corps et l'esprit, étroitement liée à la mémoire. L'enfant, qui n'a pas encore le verbe et qui engrange toutes les informations dans l'émotion et le corps, lorsqu'il grandit peut donc redécouvrir et mettre des mots sur son vécu grâce à la musicothérapie. Le mental divisé entre principe de plaisir/déplaisir, pulsions de vie/de mort, conscient/inconscient... Ce mental que nous ne connaissons que trop peu et qui nous surprend par sa richesse mais surtout son mystère lorsque nous tentons de ne plus réagir avec nos mécanismes acquis, mais d'agir en pleine conscience dans le temps présent. Par la musicothérapie, j'ai appris que je pouvais unifier également le mental. La thérapie c'est faire le lien et la formation m'a permis ce tissage de liens non seulement entre les différents intervenants et leurs pratiques mais encore entre mon vécu, les théories que j'avais apprises et cette formation. J'y ai trouvé des clés qui me permettent d'entrevoir un chemin vers l'unité. La créativité qui fait le lien, qui permet le dedans vers le dehors. La créativité qui ouvre vers ce que nous ne connaissons pas, le digital. Nous avons pu l'explorer à travers le corps mais aussi au travers de productions artistiques avec C. Meurant. La sophrologie qui harmonise mental, émotion, et corps... Elle nous réapprend à ressentir dans un autre état de conscience celui des ondes alpha, et ensuite nous pouvons mettre dehors. C'est le moyen d'aller tout au dedans de nous pour harmoniser et être capable d'aller vers un dehors. N. Mozzanino nous l'a permis en verbalisant mais aussi à travers les mandalas. La créativité a aussi toute sa place en sophrologie. Même le cadre reprenait cette notion d'unité de temps, de lieu, d'espace. Le cadre qui symbolise l'unité. Il me semble intéressant de faire le lien encore une fois entre cette unité et la maturation de l'enfant que nous avons vu au cours de la formation. Si je suis en relation symbiotique avec la mère lorsque je suis conçue, et ce au cours des 9 premiers mois de ma vie, je recherche cette unité partout, en tout. La souffrance est née de la dualité ressentie lorsque je grandis, que je prends conscience que je suis séparée de la mère. Retrouver l'unité n'est pas retourner à cet état de dépendance de l'enfant mais bien entrer dans une relation d'interdépendance avec son identité et je crois que c'est cela que nous revivons. Chaque situation dans laquelle je me mets, en tant que patiente, amie, membre du groupe me permet de revivre la séparation et de la gérer autrement, de sortir de la souffrance. La formation m'a permis de trouver mon chemin en tant que musicothérapeute en renforçant mes convictions et en me donnant des clés pour amener l'autre vers un mieux-être. |
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