Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
   
 KATELL - Dépt. 76

FORMATION AU CENTRE INTERNATIONAL DE MUSICOTHÉRAPIE

Il y a quelques mois, le terme de musicothérapie ainsi que l'idée que j'avais d'une formation dans ce domaine étaient très différents d'aujourd'hui.

De l'entretien d'entrée avec madame Sylvie Braun à cette septième semaine de formation passée à Noisy le Grand, beaucoup de choses ont changé, des rencontres ont eu lieu, des pensées se sont développées, de nouvelles notions sont apparues. Cette formation a été pour moi, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, une très agréable surprise, un nouveau départ, un nouvel élan.

Je souhaite développer tout d'abord la description pratique de la formation, puis aborder son contenu ainsi que la qualité des intervenants qui nous l'ont transmis, le groupe et enfin ce que professionnellement et personnellement la formation m'a apportée.

I - Description du Centre de formation

A - La situation géographique :

Bien que pour des raisons d'espace, je comprends que le choix de la périphérie parisienne s'impose, je regrette cependant que le centre de formation soit situé si loin de Paris.

En plus de l'aspect fatiguant et inconfortable que représente l'utilisation des transports en commun (chose fréquente hélas pour les parisiens), le centre manque de magasins spécialisés (librairie, bibliothèque, phonothèque...) à proximité, permettant certaines recherches après les interventions.

Il faut malgré tout souligner que la situation du centre offre certains avantages que sont l'espace, le calme (très appréciable l'été quand les fenêtres sont ouvertes)), qu'il est possible de trouver quelques espaces verts pour se ressourcer et qu'il existe aux alentours de bonnes adresses pour se restaurer.

B - La description du Centre :

Le centre est bien aménagé et très accueillant. Le bonjour de Pierrette y est sans doute pour beaucoup.

La salle de détente est claire et agréable et le partage du café le matin permet de débuter la journée dans une ambiance chaleureuse (malgré les petits soucis de chauffage rencontrés parfois).

Les couleurs des pièces sont douces et reposantes, la moquette très confortable, les coussins et les couvertures (pas toujours assez nombreux pour un grand groupe comme le nôtre) très pratiques. Les nouveaux petits fauteuils canadiens sont confortables une fois que la technique de leur utilisation est acquise.

La position assise par terre m'a parfaitement convenu au cours des interventions (même lors de la première semaine pendant laquelle j'étais enceinte).

Cette position me semble favoriser les contacts entre stagiaires, permet une vision du groupe (en cercle), incorpore l'intervenant au groupe et par cela, rend l'échange plus inter-actif. Alors que dans ma profession (infirmière) la position debout et être dans l'actif est quasi permanent, cette mise en condition m'a permis une réflexion sur " pouvoir et savoir se poser, être dans une situation d'écoute, savoir recevoir... ", réflexion indispensable pour la suite de mon parcours.

C - Le matériel mis à notre disposition :

Les instruments :

Le choix d'instruments qu'offre le Centre m'a semblé satisfaisant. Les instruments sont variés, nombreux, de bonne qualité dans l'ensemble ; pour certains, cela a été pour moi l'occasion de les découvrir, comme le didjéridoo, pour d'autres, que je connaissais plus, comme le xylophone, ils m'ont accompagnée tout au long de la formation, et m'ont apportée beaucoup.

Il m'a été en effet très difficile de changer d'instrument lors des mises en situation. Je préférais conserver un bon instrument que je connaissais, qui m'était familier, plutôt que de changer pour découvrir un instrument inconnu (préférant rater quelque chose d'intéressant plutôt que d'être déçue).

Il m'a semblé très intéressant de comparer et de faire des liens entre la relation avec l'instrument et la personnalité, le vécu et le fonctionnement de chacun (de moi en particulier).

C'est enfin avec le piano que mes relations ont été les plus ambiguës. Je pense que je ne souhaitais pas faire intervenir dans ma réflexion sur la musicothérapie, le fait que je sois musicienne (je suis pianiste).

Je préférais privilégier mes rapports avec la musique en général, comme outils, et mettre de côté le rapport de force que j'entretiens avec le piano (de longues années de tortures autour de celui-ci ne me permettaient de maîtriser l'instrument comme je le souhaitais et de le considérer comme un ami).

J'ai malgré tout réussi à faire la paix et à être capable de l'utiliser à la sixième semaine... le travail fait pendant la formation m'a aidé à comprendre quelles cordes sensibles touchaient le piano

La bibliothèque :

Bien que confortable malgré sa taille, je regrette que la bibliothèque ne soit pas plus fournie en ouvrages concernant la musicothérapie, en particulier auprès des personnes âgées. Cela permettrait de consulter certains ouvrages en vue d'un éventuel achat. Peut-être serait-il possible d'acheter directement au CIM certains ouvrages de références indispensables pour notre pratique future. Je regrette enfin que nous ne puissions bénéficier de l'utilisation d'une photocopieuse qui permettrait la diffusion de certains articles, ou autres informations...

II - Les intervenants et le contenu de la formation

Les intervenants de la formation sont de très grande qualité. Ils sont très différents les uns des autres et c'est ce qui fait que la formation m'est apparue comme très complète.

Nous avons pu bénéficier de l'apport de musicothérapeutes ayant plus ou moins d'expérience, nous exposant leur travail, leurs outils, partageant avec nous leurs joies, leurs " réussites ", mais aussi leurs difficultés et leurs échecs.

J'ai pu observer chez toutes ces personnes une constante motivation, un plaisir réel d'utiliser la musicothérapie et les techniques psychomusicales, et une envie de partager leur savoir.

Toutes les interventions ont été très intéressantes, qu'elles traitent de la théorie ou visent à nous faire pratiquer certaines expériences. Il paraît en effet indispensable, au moment d'entrer avec une personne dans une relation d'aide, de connaître les mécanismes qui vont intervenir.

Les notions de cadre, de transfert, contre-transfert, de communication thérapeutique... sont toujours à garder à l'esprit afin de poser une base solide à la relation ; la théorie permet de s'appuyer sur certains principes à respecter. L'imprévu réside ensuite dans le fait que chaque patient, mais aussi chaque thérapeute est unique.

Bien que j'attende encore beaucoup des trois semaines de spécialisation, il me paraissait important non seulement de comprendre les mécanismes physiques intervenant au cours d'une relaxation, mais que la trame d'un montage nous soit exposée et l'application imposée. C'est en effet en pratiquant que l'on comprend les difficultés et les erreurs à ne pas commettre. Les mises en situation sont, là encore, précieuses en enseignement.

Les notions de psychologie apportées par Renate Magnier ont été toutes aussi riches dans l'aspect théorique que dans les mises en situation qui nous ont été proposées. Je regrette que mon service n'ait pas accepté que je suive le module proposé par le CIM, et souhaite approfondir mes connaissances par certaines lectures conseillées par les intervenants.

L'expérience de chacun m'a aussi permis de piocher dans toutes ces pratiques certains outils que je souhaiterais utiliser . La musique associée au dessin (mandala), aux odeurs, l'utilisation de la terre (modelage) sont des techniques qui m'ont intéressée et qui peuvent s'appliquer dans le cadre de mon service.

J'ai été particulièrement attentive aux apports que nous avons reçus concernant la musicothérapie réceptive, qui semble intéressante à proposer aux personnes âgées.

Mon avenir professionnel s'est dessiné au cours de la formation, et je pense avoir beaucoup de projets à envisager dans le cadre de la gériatrie et de la géronto-psychiatrie. Je n'exclus pas pour autant de travailler un jour avec une population différente.

III - Le groupe

J'ai eu la chance de connaître deux groupes différents au cours de la formation. En effet ma première semaine s'intitulait initiation à la musicothérapie et c'est au nombre de sept stagiaires que nous avons vécu ces cinq jours.

Étant la seule à poursuivre la formation, je savais que les relations établies avec les personnes présentes étaient de courte durée. Il me semble pourtant avoir partagé beaucoup plus que cinq jours avec eux, et je garde un excellent souvenir de cette semaine, tant des interventions que de ce que m'ont appris les autres stagiaires.

La présence en particulier de Julien, qui était psychologue et travaillait en collaboration avec Toby Nathan, et le partage de son expérience, de son travail et de ses recherches, animait agréablement nos déjeuners.

La deuxième semaine et la rencontre avec le nouveau groupe, marque pour moi le réel début de ma formation. L'image du groupe est difficile à définir : il n'a pas toujours été composé des mêmes personnes (suite à des départs, des stagiaires partageant avec nous certaines interventions) les personnes le composant ont évolué au cours de la formation... et pourtant, il me renvoie à une notion constante d'unité, un ensemble évoluant intérieurement mais qui conserve une structure de référence, un tiers duquel il est possible de se différencier, comme d'en faire partie.

Le travail du " groupe comme objet d'étude " effectué avec Arlette Morin, ainsi que les interventions toujours extrêmement riches et passionnantes de Dominique Bertrand ont été pour moi des moments importants dans la formation et dans la compréhension de l'influence des autres vis-à-vis de nos comportements et du mien en particulier) comment je perçois ce que me renvoient les autres d'eux mais aussi de moi-même, quelles attitudes j'adopte en présence de certaines personnes, quelle est l'image la plus fidèle que j'ai de moi-même ...

Les autres stagiaires m'ont aussi beaucoup appris individuellement. Les échanges lors de mises en situation mais aussi à l'extérieur du centre, m'ont été d'une grande aide pour faire les liens entre mon ressenti et mon vécu, mes émotions et ce qu'elles peuvent refléter.

IV - Les apports de la formation

A - Les apports professionnels

La formation a modifié ma relation aux autres et fait réfléchir sur ma place au sein d'un groupe. Je me sens plus à l'écoute des personnes que je soigne comme de mes collègues.

Je suis aussi beaucoup plus sensible au " non-verbal " : le toucher, les attitudes... mon regard est plus attentif.

En règle générale, il me semble que mes sens se sont développés, ont grandi, pour mieux recevoir les messages que les autres envoient.

Ma vision du soin s'est modifiée. Mes priorités ne sont plus les mêmes. Mes objectifs sont plus simples et ils regroupent ce qui me semble être le plus important : le bien-être.

Pour moi comme pour les autres, je pense que de tendre vers " un bien intérieur " est une évolution grandissante. Les actions mises en place ensuite (confort, répondre au besoin de se récréer, stimuler les sens, donner de la joie, du bonheur ...) paraissent évidentes, ont un sens, motivent.

La musicothérapie est une discipline très vaste. Elle propose en effet une telle richesse d'outils, de domaines d'applications, que je reçois cette formation comme la possibilité de toujours m'épanouir dans ma pratique, convaincue que la musique peut apporter beaucoup.

B - Les apports personnels

La grande surprise de la formation sera pour moi l'investissement personnel que l'on y déploie et le travail sur soi qui en découle. La formation m'a en effet ouvert les yeux sur un moi que je ne connaissais pas, elle m'a proposée un regard nouveau, dirigé vers l'intérieur.

Mieux me connaître m'a permis de mieux me comprendre et, de ce fait, de mieux m'accepter. En effet, non seulement je ne considère plus mon hypersensibilité comme un défaut mais je la prends comme une qualité. La formation m'a aidé à me rendre compte que ce n'est pas parce que l'on pleure qu'on est forcément malheureux, que d'être dans le ressenti permet d'avoir des émotions et de se sentir vraiment en contact avec ce qui nous entoure.

La formation m'a aussi permis de faire un lien entre mon corps et mon esprit. Il a fallu avant cela prendre en compte que j'avais un corps, que celui-ci m'appartenait et qu'il fallait en prendre soin, qu'il fallait le mettre en lien avec la pensée et que les deux réunis me représentaient.

Le travail fait avec Christine Mulard a été pour moi une révélation, la prise de conscience de ma propre unité corps-esprit et de la découverte d'un autre schéma de moi-même. Je ressens la sensation de découvrir mon image en trois dimensions après ne l'avoir connue que représentée sur un plan.

Je pense qu'il existe encore beaucoup d'autres dimensions à découvrir mais l'expérience faite au CIM me rassure. C'est épuisant de faire des découvertes (les journées de formation ont été pour la plupart très fatigantes), mais toute découverte enrichit la suite du parcours.

Ces réflexions m'ont donné plus de confiance en moi : il est en effet plus facile d'avancer avec un soi que l'on connaît et dont on maîtrise certains comportements (pas tous heureusement, c'est ce qui rend la vie imprévisible et plus attrayante).
Enfin je garderais une image qu'Anaïs de Tinguy Simon nous a développé : " on a tous nos casseroles, elles ne sont pas toujours bien ficelées ". Je pense que la formation m'a permis d'en encastrer certaines, que l'avenir modifie certains noeuds que l'on croyait parfois bien serrés. Je reconnais que certaines casseroles se promènent plus librement ... mais avec de bons outils, on obtient souvent de bons résultats...


Revenir à la liste des comptes-rendus

 

© Tous droits réservés 2002/2008 - - www.centre-musicotherapie.com