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CATHERINE - Dépt. 78
COMPTE RENDU DE LA FORMATION
Mon désir de suivre la formation de Musicothérapeute
remonte à
quelques années.
Dans le cadre de mon métier d'éducatrice, j'ai toujours
utilisé la musique comme support. J'ai très vite perçu
les effets thérapeutiques que celle-ci pouvait avoir sur des
personnes en souffrance.
Notamment lorsque je travaillais au Cambodge auprès d'enfants
victimes de la prostitution.
J'ai alors pris conscience de mes limites et de mes manques. De retour
en France, j'ai choisi cette formation car elle devenait nécessaire
dans mes nouvelles perspectives professionnelles, qui d'ailleurs
a beaucoup
évoluées depuis un an.
Je n'attendais rien de très précis au départ
si ce n'est d'acquérir un " savoir-faire " et un
" savoir-être " de qualité mais aussi des
techniques et des outils.
J'avais un grand désir d'apprendre et d'aborder le domaine
de la thérapie.
La formation proposée par le CIM déroute au début
de par sa forme active basée sur l'expérimentation
avec comme support la dynamique de groupe.
Cette proposition est très intéressante car elle implique
beaucoup d'échanges et d'interactions. Elle permet de mesurer
de façon pertinente ce que peut être le métier
de Musicothérapeute. Elle propose des mises en situation qui
permettent de mieux appréhender les difficultés. Elle
fait ressortir des questionnements et une réflexion intéressante
et très constructive.
L'étalement des semaines de formation sur une année
et demi m'a permis de prendre un recul nécessaire d'une semaine à l'autre,
de porter une relecture sur ce qui a
été vécu et de poursuivre la réflexion
par des lectures conseillées.
En effet, le contenu des semaines est très riche et souvent
très dense, il nécessite un temps personnel d'intégration.
La diversité des intervenants m'a permis d'avoir une vision
très large des possibilités d'intervention.
J'ai découvert des perspectives de travail passionnantes et
extrêmement diversifiées.
La musicothérapie s'adapte à des catégories
de personnes très différentes. Le témoignage
professionnel des intervenants ( en milieu carcéral, en gériatrie
auprès des malades d'Alzeihmer, en périnatalité...)
m'a interpellé particulièrement car ce sont pour moi,
des domaines inconnus.
Personnellement, j'aurais souhaité aller plus loin dans les
domaines du handicap, aborder davantage la musicothérapie
auprès des personnes n'ayant pas accès
à la parole.
J'ai été particulièrement intéressé par
l'intervention sur l'autisme et la musicothérapie, peut-être
parce que je travaille avec des jeunes ayant des troubles autistiques.
La démarche et le travail de l'intervenante m'a beaucoup
éclairé sur ce qu'il était possible de faire
avec ce type de pathologie.
J'ai été frappée par le fait que les enfants
autistes ne perçoivent pas la musique de la même façon
que nous.
La musicothérapie n'est pas une discipline rigide, elle nécessite
de rester créatif.
J'ai pu constater grâce à la diversité des interventions
que tous les professionnels, même s'ils ont des points communs
ont chacun leur propre façon de pratiquer et de concevoir
leur métier, que tous ont
été amenés à créer leurs propres
outils en fonction de leur secteur d'intervention mais aussi en fonction
de leur perception de la musicothérapie.
Il m'est apparu également essentiel de ne pas envisager un
travail de musicothérapeute tout seul. Le travail en
équipe avec d'autres professionnels (psychiatre, psychologue,
psychothérapeute...) me semble particulièrement constructif.
Il permet d'apporter un plus car nous sommes complémentaires.
D'après les différentes expériences partagées
par les intervenants, il semble que travailler comme musicothérapeute
demande d'être patient quant à la reconnaissance de
la fonction. Il est intéressant de le savoir car il nous appartient
d'avoir toujours en tête de commencer par un travail d'information
et de partager ce que nous faisons. Faire connaître en cette
discipline encore nouvelle et peu reconnue me semble aujourd'hui
fondamental pour l'avenir.
Nous sommes loin en France de reconnaître les thérapies
nouvelles. Et on peut être surpris par l'ampleur et la reconnaissance
de la musicothérapie dans les pays voisins.
A ce sujet, j'ai beaucoup appris en visionnant les vidéos
sur la pratique de musicothérapeute. Il est en effet très
intéressant de voir le travail d'un professionnel et de pouvoir
en parler ensemble. Cela permet de comprendre et de mieux percevoir
un travail sur du long terme et de se rendre compte des outils possibles
et de leur utilisation.
Je voudrais souligner également que j'ai été touchée
par l'enthousiasme et le positivisme de certains intervenants. Ces
derniers ont eu un impact essentiel dans la vision que je me fais
aujourd'hui de la fonction de musicothérapeute.
La rencontre avec le groupe des stagiaires a été très
riche de par l'univers professionnel et la personnalité
de chacun.
Nous avons beaucoup appris les uns des autres.
J'ai toujours ressenti beaucoup de respect et d'écoute entre
nous, ce qui pour ma part a été très constructif.
Le fait de toujours avoir la possibilité de reprendre ce qui
se vivait dans le groupe m'a beaucoup appris et a permis à chacun,
je pense, de trouver sa place et d'avancer à son rythme.
J'ai appris à comprendre le fonctionnement de notre groupe
et celui des groupes en général. Le module sur la dynamique
de groupe m'a particulièrement intéressé.
Partir de ce que nous vivions pour comprendre les enjeux et les particularités
d'un groupe, était vraiment intéressant.
J'ai ressenti le groupe comme porteur et très positif. J'ai
beaucoup appris du partage fait ensemble autour de nos projets de
mémoire. Les échanges ont été très
intéressants et pertinents. Avoir un retour des stagiaires
sur mon projet m'a aidé à mieux cibler ma problématique
et à préciser mon sujet. De plus, connaître les
projets de chacun et pouvoir y apporter quelque chose a été très
enrichissant.
Notre groupe avait ses exigences, ses demandes, sa façon de
réagir qui lui était propre.
Nous avons eu ensemble des ressentis très forts sur certaines
interventions.
Mais nous avons toujours eu la possibilité d'exprimer nos
remarques qui ont été prise en compte. Il a été
particulièrement important en fin de première année
d'être écoutés. En effet, la dernière
semaine a été
assez difficile. Pour beaucoup d'entre nous et pour moi aussi, elle
a marqué une étape importante avec beaucoup de remises
en question, d'interrogations. Je l'ai ressenti par une certaine
désorganisation dans le fonctionnement du groupe.
Au cours de la première année, nous avons beaucoup
expérimenté et pratiqué.
J'ai eu quelquefois des difficultés à faire le lien
avec la théorie ou plus précisément avec l'aspect
thérapeutique. Il me semble que nous perdions un peu de la
richesse de ces expérimentations lorsque celles-ci n'étaient
pas restituées dans un cadre thérapeutique.
La deuxième année m'a permis de faire des liens et
de comprendre l'apport de la pratique, de la réorganiser dans
un ensemble.
L'apport des techniques psycho-musicales et des différentes
propositions d'exercices et d'expérimentation m'ont donné quelques
outils que j'utilise progressivement dans le cadre de mon travail.
Verbaliser après chaque expérience m'a permis de mettre
des mots sur mes ressentis et surtout de sentir au fil des semaines
que la formation me faisait avancer personnellement.
Pour ma part, la méthode réceptive a été une
découverte: l'importance des musiques proposées, l'implication
du choix de ces musiques, ce qu'elles peuvent provoquer chez l'autre.
Les différentes écoutes ont élargi et ouvert
mon univers musical. J'ai le désir aujourd'hui d'aller vers
un répertoire beaucoup plus large.
Le travail autour de la voix, du rythme, de la relaxation a été largement
abordé.
J'y ai puisé beaucoup d'éléments pratiques intéressants
qui m'aident déjà à mieux cibler ma pratique
professionnelle mais aussi à mieux me connaître.
Il m'a paru également essentiel d'aborder un travail autour
du corps et de l'image de soi. Je porte aujourd'hui un intérêt
beaucoup plus grand à la perception corporelle.
Une meilleure connaissance de ce que je suis, de mes possibilités
me font également percevoir avec plus de précisions
les domaines dans lesquels je dois poursuivre un travail personnel.
Notamment autour de la voix : J'ai longtemps fait partie d'une chorale
et le chant, pour moi, est très important mais j'ai constaté que
je plaçais mal ma voix. J'aimerais beaucoup réapprendre à chanter, à mieux
sentir les vibrations de ma voix.
Le travail autour du corps, de la gestuel et en général
de l'expression du corps. J'ai réalisé que je ne me
permettais pas toujours de laisser mon corps s'exprimer librement
sous le regard des autres.
Le travail que nous avons fait sur nous-mêmes au travers des
exercices n'a pas toujours été facile mais pour moi,
ils ont été révélateurs de ce que je
suis et de là où j'en suis aujourd'hui. Me connaître
mieux des mots sur mes difficultés m'aident beaucoup à "
grandir "
Les interventions plus théoriques et tout ce qui concerne
l'aspect thérapeutique, la relation d'aide, les transferts,
la fonction, le cadre... m'ont extrêmement intéressé.
Je regrette de ne pas avoir pu creuser davantage ces différents
points.
Plus j'avance dans la formation, plus j'apprends et plus je prends
conscience que la formation doit se poursuivre après.
Il a été intéressant pour moi, de mieux comprendre
et de différencier musicothérapie active, réceptive
et techniques psycho-musicales. Je cerne mieux ce que chaque méthode
et techniques peut apporter et dans quelles conditions elles peuvent être
utilisées.
Cette formation m'a fait beaucoup bouger d'un point de vue personnel
et professionnel.
La connaissance et la confiance acquise pendant la formation m'ont
permis de mettre en place dans le cadre de mon travail deux prises
en charge en musicothérapie (en collaboration avec la psychologue
de l'établissement). Il est très intéressant
de pouvoir commencer à pratiquer en cours de formation. Car
cela me renvoie beaucoup de questionnement. C'est aussi très
motivant.
J'envisage aujourd'hui de travailler mon mémoire au sein de
l'établissement dans lequel je travaille, ce que je ne pensais
pas quand j'ai démarré la formation.
En effet, je peux constater par moi-même combien la musique
a un impact primordial sur les personnes polyhandicapées privées
de langage verbal.
Les effets thérapeutiques déjà constatés
sont encourageants et m'incitent à continuer. Je peux
également constater que la reconnaissance de cette discipline
est effectivement difficile à faire passer, même si
un intérêt se fait sentir chez certains professionnels.
De plus, le fait de me retrouver dans une ambiance de musique m'a
conduite à commencer la pratique du piano depuis cette année.
Je redécouvre le plaisir de jouer d'un instrument.
L'apprentissage d'un instrument m'est apparu essentiel dans ma démarche
personnelle. Il me semble aujourd'hui essentiel de pouvoir s'inscrire
dans une pratique. Elle apporte certainement un plus dans une approche
globale de la musicothérapie. Avec le piano, je me remets
au solfège. Je travaille les variations avec intérêt
particulier. Il me semble important aujourd'hui d'être au coeur
de la musique pour pouvoir l'utiliser au mieux dans un cadre thérapeutique.
Mon regret est peut-être de ne pas avoir creuser davantage
chaque domaine. Les possibilités d'intervention sont très
larges et la population concernée est importante. Il est assez
frustrant de ne recevoir qu'une approche.
Bien sûr, il faudrait doubler le temps de formation et l'important
est certainement d'avoir des notions. A nous d'aller chercher le
complément dans les domaines qui nous intéressent plus
particulièrement.
Il me semblerait intéressant d'envisager un stage, même
court auprès de Musicothérapeute en début de
deuxième année ou vers la fin de la formation de base.
Nous pourrions ainsi avoir un regard et un échange sur la
pratique de professionnels. Ce serait, à mon avis, très
formateur.
L'approche faite sur la relaxation et la sophrologie musicales a été riche
d'enseignements. Je ne connaissais pas du tout ce domaine
Les différents intervenants sur ce sujet m'ont largement incitée à choisir
cette spécialisation.
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