Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
   
 MARTINE - Dépt. 93

Je suis préparatrice en pharmacie, Mon métier consiste à délivrer des ordonnances et d’avoir un rôle de conseil dans les petits bobos de tous les jours. L’échange lors de la délivrance d’une ordonnance ou d’un conseil peut quelque fois se révéler « thérapeutique »? J’ai souvent constaté qu’un mot, ou qu’une attitude rassurante, pouvait atténuer une angoisse, une souffrance et j’en étais heureuse. Je vois les gens dans leur quotidien dans ce quartier de Montreuil n’est pas ce qu’on l’on pourrait rêver de mieux. Le travail dur, le chômage, la solitude, la maladie frappent un grand nombre de la population. J’ai eu envie d’être d’avantage auprès d’eux, les aider.

Quand â la musique, elle a toujours fait partie de ma vie. Par la chanson d’abord puis mes goûts se sont affinés, élargis. J’ai toujours désiré danser, chanter, vivre la musique avec mon corps, la prendre « à bras le corps ». J’avais remarqué que la musique agissait sur moi comme un « baume ». Pourquoi ne pas l’appliquer aux autres ?

« Musicothérapie », ce mot a résonné très fort en moi. Aider et soigner par la musique, que pourrait-on faire de mieux ?

Le premier contact avec le CIM fut très enthousiasmant pour moi. Ce qui m’avait frappé, c’était cet humanisme, cette ouverture. Pour être accepté au CIM, n’étaient pas seulement pris en compte les bagages de diplômes, « les bagages de la vie » comptaient tout autant.

LA FORMATION

L’esprit de la formation fut donné dès la première semaine.

Avec, Sylvie Braun, je fus étonnée par ce que pouvait produire la musique concrètement. Je comprenais un peu mieux pourquoi et comment la musique pouvait parler â nos émotions. Par le test de réceptivité comment pouvait-on déjà entrevoir une problématique d’un patient tout en restant évidemment très prudent sur notre interprétation.

L’intervention de Dominique Bertrand était axée principalement sur ce qu’était le « cadre thérapeutique ». Le cadre thérapeutique bien posé, respecté est l’un des garants d’une relation d’aide bien établie. J’étais très intéressée et j’appréciais aussi la manière dont Dominique Bertrand suscitait en nous la réflexion sur les questions fondamentales telles que: Qu’est ce que c’est pour moi que d’aider l’autre ? . Pourquoi je veux devenir thérapeute ?

A ces questions, il était difficile de répondre spontanément et une réflexion approfondie sur soi était indispensable.

Le travail analytique que j’ai entrepris depuis maintenant 7 ans allait m’aider dans une réponse plus claire à ces questions.

Avec Jean-Marie Bolangassa, l’approche sensuelle de la musique directement liée â la vie me parlait tout â fait. Se rencontrer sur l’essentiel, utiliser ce qui fait de nous un être vivant unique : sa voix et son corps. Apprendre â les utiliser non plus dans la représentation comme nous en avons tant l’habitude mais dans le ressenti.

Jean-Marie nous enseignait toutes ces notions avec plaisir et générosité et je suis sortie de cette journée légère et enthousiaste.

A l’issue de cette première semaine, j’étais enchantée ! J’avais choisi cette formation au CIM en faisant confiance â mon intuition et je ne m’étais pas trompée.

Les semaines qui suivent furent toutes aussi passionnantes pour moi. Je découvrais chez les différents intervenants des personnalités riches en expériences, disponibles, capables de nous rendre avec passion leur vécu, leurs difficultés, leurs questionnements, leur pratique.

Le travail sur la voix avec Pilar Garcia fut une journée très enrichissante. Elle m’a rappelé combien la voix était le reflet de la personnalité. Avec elle on ne peut tricher. Et même si elle n’est pas travaillée, modelée, elle parle directement â nos émotions.

J’ai beaucoup apprécié aussi l’exploration de la voix avec Dominique Bertrand. Sentir les vibrations â différents niveaux pour la faire mieux se révéler. Après ces séances je ressentais un bien être surprenant.

J’utiliserai sûrement la voix dans mon futur métier de musicothérapeute car elle peut apporter beaucoup dans la connaissance de soi.

L’écoute de l’autre, le respect de l’autre aider l’autre tout en restant soi même, aider l’autre â trouver son autonomie, avoir de l’empathie, sont des petites phrases que j’ai retenues spontanément après l’intervention de Nicole Mozzanino.

La théorie était très souvent suivie d’exercices pratiques. Nous travaillions beaucoup sur le ressenti lors des mises en situations successives de patient et de thérapeute.

Une grande observation sur soi et sur l’autre nous était demandée. Au fur et â mesure, j’évoluais, ma capacité d’observation s’avérait plus perspicace.

J’ai effectué avec grand plaisir les montages sonores que Sylvie Braun nous avait demandé. Dans celui qui nous représentait , il était très intéressant d’observer qu’il avait sa couleur particulière et qu’il correspondait à la personne qui le proposait.

Le montage en vu d’une séance de relaxation fut pour moi plus difficile puisque j’étais absente lors des consignes de Sylvie Braun. Mais le résultat n’était pas si mal et j’avais compris le fonctionnement.

Prendre soin de soi pour pouvoir s’occuper mieux de l’autre. Cette notion mise en évidence par Christine Mulard, a résonné tout particulièrement en moi. Apprendre â se ressourcer, â écouter son corps, â respecter son rythme biologique, tout ceci au quotidien pour être mieux dans sa peau et donc plus disponible pour l’autre.

J’ai été impressionnée par la passion avec laquelle les intervenants nous relataient leurs expériences professionnelles. Vincent Bodu; Jacqueline Rivière, Yolanda Vacaitis, Anais de Tinguy Simon, Marthe Lemarchand, Anne Bauer, toutes ces personnes m’ont donné envie de ma lancer pour pratiquer ce métier. Elles l’ont fait avec passion; mais aussi avec honnêteté, nous mettant toujours en garde sur les difficultés rencontrées pour convaincre, pour s’imposer.

Parallèlement au cursus de base, j’ai eu la chance de suivre le cursus de psychologie Psychanalyse , avec Renaté Magnier et Arlette Morin.

J’ai découvert toutes ces notions de Psychologie et de Psychanalyse avec grand intérêt.

La formation du corps psychique avec les différentes phases du développement de l’enfant fut pour moi un cours très important. Je réalisais que ces sept années de début de vie étaient le noyau de chaque être humain.

Tout cela me renvoyait â ma propre enfance. A mon rôle de mère. J’essayais de faire des liens avec mon vécu. C’était très complémentaire avec mon travail analytique et j’avais la sensation que tout devenait plus clair.

Rénaté Magnier durant cette troisième semaine nous a beaucoup parlé du deuil , du moins c’était ce que j’avais retenu en priorité. L’existence de l’Homme, depuis sa plus petite enfance, est ponctuée de deuils successifs c’est â dire de renoncements d’une étape de sa vie pour accéder â une autre étape lui permettant ainsi l’évolution de sa personnalité.

Si ces deuils ne se font pas ou mal, cela peut freiner ou entraver cette évolution.

L’être humain, avec toute sa complexité , reste pour moi une source inépuisable de richesses. J’ai le désir d’explorer d’avantage ces richesses, et dans le même temps , en toute humilité ; d’apporter un peu de « mieux être ».


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