Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
   
 SANDRINE - Dépt. 64

« La musique est peut-être l’exemple unique  de ce qu’aurait pu être, s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation  des mots, l’analyse des idées, la communication des âmes. »
(M. PROUST)

MUSICOTHERAPIE ! J’ai découvert ce terme en 1997, lors de ma formation d’ Aide Médico Psychologique.

En effet, j’avais choisi de faire un exposé sur ce thème là. Le livre de Jacques JOST »Equilibre et Santé par la Musicothérapie », fut un de mes supports et le point de départ de mon parcours vers cette thérapie par la Musique !

La Musique, et en particulier la pratique du chant, a toujours touché le petit bout de moi-même qui doutait, souffrait ou éprouvait le besoin de passer du dedans au dehors.
Vibrer, se laisser aller à être « soi-même » !
Le chant m’a permis d’évaluer à quel point la Musique est EXPRESSION, VIE, COMMUNICATION, RELATION, et LIBÉRATION.

Mars 2004, me voilà enfin prête à débuter un merveilleux voyage vers le monde de la Musicothérapie.

Quelque peu inquiète du groupe que j’allais découvrir, je passais le seuil du Centre International de Musicothérapie à l’atmosphère déjà rassurante.
Les regards se croisaient, et, j’avoue qu’à cet instant, la réalité était en décalage avec tous les scénarios que j’avais mis en place afin d’atténuer l’angoisse de l’Inconnu.
Je savais cependant que le G54 était né, et réalisais au fil des semaines qu’il constituait pour moi un élément essentiel au déroulement de cette formation.

La première semaine me fit déjà entrevoir la véritable définition de la Musicothérapie et surtout, le pouvoir de la Musique sur chacun de nous ou sur les personnes désirant accéder à la connaissance de leur Être, malmené parfois par leur histoire et la façon d’y faire face.

J’apprenais à considérer la Musique comme un outil à manier avec précaution.

Emotion ! C’est le mot que j’emploierai afin de dépeindre mon ressenti suite à cette première semaine.
Le retour à la réalité, surtout à l’environnement professionnel dans lequel je baigne, fut difficile et, il me fallut quelques jours pour faire de cette semaine une force et arroser humblement les autres de tout le « vrai », le « sincère »,le « profond » qui m’avaient été offerts.
En effet, le Groupe 54 respirait déjà la notion de respect et d’écoute.

La Musicothérapie Réceptive, notion que j’avais rencontrée dans la lecture du livre de J.JOST, prit toute sa signification lors de la rencontre notamment avec Vincent BODU.
Son intervention concrétisait ce qui me paraissait flou, incompris et, quelle chance d’avoir à portée de mains, une palette d’extraits musicaux dont je ne soupçonnais pas d’utilisation et les effets.

Une autre expérience fut le premier montage musical qui devait décrire notre personnalité.
Il est passionnant de constater encore une fois que les sons, la Musique remplacent aisément les mots et même lorsqu’il s’agit de parler de soi. 
Ce fut pour moi l’amorce d’un travail nécessaire, avant de se prétendre thérapeute.

En effet, ne vaut-il pas mieux se connaître, se reconnaître avant d’espérer aider les autres, entrer en relation avec ce qu’ils sont.
Grâce à cette journée autour des montages musicaux, proposée par Sylvie B, j’ai découvert d’une part, chacune des personnes du groupe et d’autre part, un peu de moi.

Le retour respectueux et « bien dosé »de Sylvie sur chacun de nous, après l’écoute des montages, fut d’une richesse insoupçonnable.
Cette phrase de Sylvie eut un écho fondamental : « Sandrine, c’est très bien de donner, mais il faut savoir recevoir».
Ces mots ont résonné dans mon esprit pendant plusieurs jours jusqu’à ce que je pris conscience que je ne pouvais pas «donner» avec qualité si je n’avais pas «reçu» de l’autre.
Je remercie Sylvie car ce fut l’ébauche d’une métamorphose intérieure et surtout, cette prise de conscience a fait de cette formation un véritable chemin personnel indispensable si l’on désire être thérapeute.
Je me suis autorisée à recevoir et de là, j’ai appris à m’encrer, m’enraciner, à laisser mon corps s’exprimer sans peur du regard de l’autre.
Ma voix a rencontré d’autres voix, si vraies, si sincères, que l’Emotion a souvent pu surgir.
L’Emotion ! Je me pensais si forte, aujourd’hui, je me respecte, je laisse l’émotion parler quand elle le désire.

J’ai apprécié les intervenants qui, avec leur vécu sur le terrain, nous ont fait vivre de vraies séances de Musicothérapie.
Le concret a pu se joindre à la théorie afin de toucher du doigt le vrai métier de Musicothérapeute.

Tout au long des semaines, le groupe a évolué et je me sentais comme « chez moi », le respect, l’authenticité, le silence si parlant entre nous, m’ont permis de vibrer, de sentir, d’être à l’écoute, d’entrer en résonance avec l’autre.

Puis, il y eut la 6ème semaine, qui me fit entrer en contact avec mon inconscient qui avait su si bien refouler.
En effet, je réalisais grâce notamment à l’intervention de Renaté MAGNIER que je n’avais pas fait le deuil de mon père.
Là, je me rendis compte, que certains de mes mécanismes de défense étaient en train de tomber en miettes.
De plus, face à la souffrance de l’autre, je devenais « une éponge » et ce jour là, je fus certes bouleversée , mais soulagée de me confronter à la réalité. 

Quelle tâche difficile de devenir thérapeute !

Partir à la connaissance de soi est un chemin sans fin mais si enrichissant que je souhaite à tous d’y parvenir.
Mais quelle libération de se retrouver un peu, de prendre confiance, de s’accorder plus d’attention, de se « lâcher », d’entrer en harmonie avec soi-même.

Si j’utilise des termes si forts, c’est parce qu’aujourd’hui, non seulement j’ai le désir d’être une thérapeute, mais également celui de vivre avec ce que je suis, à l’écoute permanente de « ce qui est là », de « ce que je vis », de « ce qui vibre en moi », de « ce qui me touche »!

M’encrer, et, grâce à l’expression « donner corps à mon ressenti », m’aidera à atteindre une réelle qualité de présence en tant que thérapeute.

Le stylo ne cesserait de se laisser aller sur le papier tant cette formation de base a fait écho en moi.
J’attends avec impatience cette spécialisation « créativité » et ce module « psychologie et psychanalyse ».
J’ai soif encore de connaissance ,de concret et de vibrations.

Sans la Musique, je ne serai pas qui je suis.

Sans le Groupe 54, et ses membres, maintenant chers à mon cœur, cette formation n’aurait pas eu la même résonance. 

Je remercie sincèrement le Centre International de Musicothérapie pour sa qualité d’enseignement, ses valeurs humaines et cette humilité !

Merci de m’avoir insuffler le désir d’être thérapeute et de réaliser que ce n’est pas une « mince  affaire ».

Je me sens libérée, en harmonie avec ce que je suis et le métier que je souhaite tant exercer.

Tous les mots que je peux écrire n’auront jamais la même portée que si je pouvais vous chanter ce que je ressens de si profond !

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