Compte-rendu de stagiaire sur la formation  
   
  ISABELLE - Groupe 56

 

Compte-rendu de la formation de base de musicothérapie

CIM, Mars 2005-Janvier 2006

 

Mon choix s’était arrêté sur le CIM  pour plusieurs raisons : d’une part, j’étais satisfaite de ne pas devoir être « recrutée » uniquement  sur des compétences en musique et solfège (contrairement à d’autres organismes), et d’autre part, la formation semblait décrite comme une formation  active et dynamique (je ne voulais pas suivre de cours scolaires magistraux !), et les thèmes abordés correspondaient  à mes attentes. Le rythme de la formation était également intéressant, par rapport à l’organisation de la  vie familiale et professionnelle.

Je percevais également au CIM, à travers la description du contenu de la formation, une approche globale de la personne, avec le respect des liens corps/esprit. Cela correspondait à la dynamique personnelle dans laquelle je me trouvais. Nous étions en 2002. J’étais très décidée. Ce n’était plus qu’une question d’organisation !

En septembre 2004, je débutais des études de psychologie par correspondance.

Et c’est en décembre 2004 que je pris rendez-vous avec Sylvie : l’entretien m’a confortée dans mon choix, j’étais conquise. J’avais le sentiment  que cette formation était à la fois l’aboutissement d’une grande réflexion, et le commencement d’une autre aventure personnelle et professionnelle.

J’ai ainsi débuté ma formation au CIM en mars 2005.

 

  • Les locaux, l’accueil

Le CIM se situe au centre ville de Noisy-le-Grand, entre le centre culturel (qui a été souvent notre « cantine ») et la mairie, 10mn à pied du RER A.

A l’accueil, Raymonde, notre «mamie de cœur », veille sur les stagiaires avec une attention dévouée et chaleureuse.

La salle moquettée dans laquelle nous travaillons est notre petit « nid ». Nous sommes assis sur des coussins ou des petits sièges de plage. C’est un peu surprenant au départ, mais finalement très agréable. De grandes baies vitrées donnent sur un jardinet, et nous offrent quelques bouts de ciel.

 

  • Le groupe 56

Ah, le groupe 56… c’est une longue et belle histoire !

Nous étions douze, âgés de 25 à 50 ans environ. Nous venions tous d’horizons professionnels différents, avec des parcours de vie divers.

Déjà au bout d’une semaine de formation, nous avions l’impression de nous connaître depuis toujours. J’étais très surprise de cette découverte, liée à la dynamique de groupe, car je n’en avais jamais vécu l’expérience. Nous avons intégré et digéré la formation ensemble grâce aux interactions des uns avec les autres, nos histoires se sont confrontées pour nous enrichir de l’écoute que nous avons apprise à développer à l’égard de l’Autre. J’ai ainsi fait de belles rencontres de cœur, des rencontres vraies, profondes, qui tissent des liens solides : j’ai rencontré des gens différents, mais avec qui j’entretenais la même passion : la passion pour la musique. D’ailleurs que d’émotions, lorsque le premier jour, nous nous sommes chacun présentés à travers la description de notre relation  personnelle à la musique…

 

Au cours de la formation, nous avons partagé un peu de nos vies et de nos histoires. Nous avons partagé les joies, les peines. Nous avons géré les conflits entre certains membres du groupe, plus fragilisés, plus en souffrance.

 

Les temps de repas ont eu leur importance dans la dynamique de notre groupe : nous avons toujours déjeuné ensemble (parfois rejoints par certains formateurs), ce qui a rajouté des temps de réflexion et de partage.

 

J’ai pu apprécier l’importance des liens forts tissés au sein du groupe 56, lors d’une épreuve personnelle douloureuse que j’ai subie durant la formation : ma maman est décédée de manière subite, dans des circonstances difficiles, et je mesure aujourd’hui l’importance du  soutien  que m’ont  apporté mes amis du groupe, ainsi que Sylvie Braun, Christine Mulard, et Anaïs de Tinguy-Simon. J’ai trouvé une écoute juste, j’ai entendu des mots simples et apaisants. J’ai pu mettre en pratique le travail effectué en formation sur l’écoute, l’ancrage, la médiation, la relaxation, dans la gestion difficile du deuil.

 

  • Comment ai-je vécu la formation ?

 

J’ai vécu cette formation avec un bonheur indicible !

Chaque semaine apportait son lot de découverte, de cheminement sur Soi, et vers l’Autre. Au début de la formation, j’attendais la semaine suivante avec beaucoup d’impatience ; mais je me suis vite aperçue que ce temps de latence était indispensable à la bonne « digestion » des événements et contenus. Car loin d’être gavés de contenus théoriques, nous étions très souvent dans la pratique ; nous vivions les choses, nos vivions la relation thérapeutique, nous vivions les percussions africaines, nous vivions l’ancrage, la relaxation, les sons, la musique…

 

Il est évident que chaque semaine ainsi intensément vécue m’incitait à la réflexion et attisait ma curiosité, m’entraînant vers des réflexions sur moi-même, vers des lectures, et vers des échanges. A fur et à mesure, j’ai pris conscience de mes propres besoins, de mes forces et de mes faiblesses. C’est ce qui m’a permis de cheminer positivement dans la formation.

 

Nous avons vécu des moments riches et intenses, mais parfois difficiles, principalement  dans des situations où nous étions plus mis à nu, et dans lesquelles émergeaient nos souffrances et nos fragilités : je pense tout particulièrement à la séance de constellation familiale (dans le module psychologie) avec Sylvie Braun, séance qui m’a profondément remuée, mais qui m’a permis, quelques mois plus tard, de gérer la mort de ma maman avec beaucoup de sérénité. Je pense également à l’écoute de nos montages sonores, pendant laquelle j’ai découvert combien la musique était langage, et combien nos choix de musiques racontaient nos vies comme un album photographique.

J’ai beaucoup apprécié la variété des formateurs : la différence dans leurs personnalités, dans leurs parcours professionnels de musiciens et de thérapeutes, dans leur manière d’aborder la formation a été d’une grande richesse, malgré l’inégalité des journées. Il est évident que certaines ont été pour moi beaucoup plus intenses et marquantes que d’autres.

 

Je  remercie tous les formateurs, et plus particulièrement :

- Vincent Bodu et Dominique Laudet qui m’ont appris…à écouter !

- Christine Mulard (si calme, si douce, si sereine) qui m’a appris à m’ancrer !

- Bernard Alet et ses jeux d’éveil sonores et sensoriels.

- Anaïs de Tinguy-Simon, truculente sophrologue !

- Dominique Bertrand, aussi mystérieux que sage et passionnément cultivé !

- Anne Bauer et sa grande générosité de cœur.

- Hélène Decis et ses tendres berceuses.

 

  • Que m’a apporté la formation ?

J’ai accédé à une meilleure connaissance de moi-même, par un approfondissement de la relation à moi-même et aux autres, ce fut donc un excellent complément de ma thérapie personnelle. Il en résulte une évolution personnelle.  Je me sens prête et suffisamment solide pour de nouveaux projets professionnels et personnels. J’ai appris à écouter et à m’écouter. J’ai appris à oser ; oser choisir ma voie, oser exprimer ma voix, oser avoir envie pour mieux être en Vie.

J’ai réfléchis à ma pratique musicale personnelle, tant instrumentale que vocale, et aux projets à mettre en place pour continuer à la faire évoluer.

J’ai mis en place l’organisation de mes connaissances, et de ma documentation.

J’ai approfondi mes connaissances dans certains domaines :  l’autisme, la maladie d’Alzheimer, la psychologie des groupes d’Anzieu, la différence entre le cerveau droit (analogique) et le cerveau gauche (digital), l’ancrage, la médiation thérapeutique, la notion de sujet, la relation thérapeutique, le langage non verbal…

J’ai découvert des outils et des techniques, comme le test de réceptivité musicale, le travail sur la voix et le corps sonore à travers des exercices musicaux, corporels et vocaux, et la pratique de la relation thérapeutique à travers des mises en situations. 

J’ai attisé ma curiosité déjà débordante, avec le sentiment d’avoir mis pieds sur un nouveau continent que j’ai envie de découvrir ! Cette curiosité concerne autant le domaine de la musique, que celui de la psychologie ou de la relation d’aide.

J’ai retenu de très belles phrases, qui me guideront dans mon parcours de musicothérapeute 

    - « Toute forme de souffrance est une invitation à changer. » Christine Mulard

    - « Etre musicothérapeute, c’est  être à l’écoute de soi et de l’autre pour pouvoir partager. » Anne Bauer

    - « Pour exercer en relation d’aide, il faut être créatif à partir de ses propres intuitions.» Chantal Lheureux

    - « C’est au moment où je m’accepte tel que je suis que je deviens capable de changer. » Carl Rogers

J’ai aussi des doutes et des questionnements, car si la formation du CIM m’a confortée dans le désir d’être musicothérapeute, elle m’a également aidée à comprendre pourquoi je n’étais plus à l’aise dans le métier d’enseignante, que j’exerce toujours. J’ai découvert aussi que la musicothérapie pouvait être appliquée dans beaucoup plus de domaines que je ne l’imaginais, ce qui m’a déstabilisée à un certain moment de la formation.

Pour l’instant, je suis un peu dans un « entre deux » professionnel peu confortable, mais la rédaction du mémoire de musicothérapie va m’aider à me positionner et à réaliser mes projets.

 

  • Mes projets

- Dans un premier temps, je souhaiterais faire reconnaître la musicothérapie et techniques psychomusicales à l’Education nationale et notamment en terme de prévention des difficultés et violences scolaires. L’institution y est pour l’instant frileuse mais le projet de faire avancer le « mammouth » me passionne. Construire un projet solide et le défendre me conviens parfaitement.

- Dans un second temps, je souhaiterais mettre en place, en milieu hospitalier, un projet qui lierait musique et photographie (car je suis également artiste-auteur photographe).

Je compte poursuivre ma licence de psychologie pour avoir une culture générale dans ce domaine.

 

  • Conclusion

Cette formation a été pour moi comme un très beau voyage, voyage à la découverte de moi-même, à la découverte de l’Autre, à la découverte de la musique et de relation d’aide.

…comme quelques notes de musique éparses, devenues symphonie…

J’aurais aimé que la formation soit plus longue, nous avons survolé un très vaste continent sans parfois pouvoir faire de haltes…malgré les envies ! 

Rabelais  disait : « L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit mais un feu que l’on allume. » Je me permets d’utiliser cette métaphore pour conclure :

« Le stagiaire en formation au CIM n’est pas un vase que l’on remplit 

mais un feu que l’on allume »

 

A chacun maintenant de gérer ce feu, pour qu’il brille et réchauffe sans embraser…

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