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Résumé
L’homme dispose d’un corps sonore, régi
par un mode de fonctionnement qui a sa dynamique. Il vit dans
un monde sonore régi par ses propres lois. Ses deux
oreilles sont ses principaux filtres d’analyse de cette
double réalité, sa voix manifeste son intériorité et
son entendement, sa pensée s’articule avec
le son qui l’exprime et, en s’exprimant, elle transforme
sa réalité. La qualité de son écoute
résulte d’un affinement de ses perceptions, d’un « défiltrage » permettant
une libre circulation entre l’intérieur et l’extérieur,
mais aussi de l’espace et de la profondeur qu’il
donne au son pour le structurer, l’harmoniser, voir l’engendrer.
L’hypothèse sur laquelle ce travail s’est
bâti est la proposition suivante : développer
la conscience de l’écoute et l’expression
de la voix par le biais de la musique et du chant, va en affinant
la sonorité du corps, amener à une autre entente.
Entente avec soi, entente avec l’autre dans sa dimension
vivante et résonante. Son objet est d’entrer dans
un meilleur contact avec la vie, un meilleur dialogue avec
l’autre.
La question est de savoir jusqu’où cette « conscience » d’un
son qui nous construit, est agissante et trouve un écho ?
Jusqu’où cette conscience de son corps par la
voix chantée peut être partagée et donner à l’autre
la possibilité de se construire et de s’autonomiser
lorsque cet autre n’a pas accès au langage pour
manifester sa pensée ?
Pour commencer nous étudierons la symbolique de cette
porte qu’est l’oreille, éclairée
par différentes traditions puis parcourrons le temps
pour faire le point sur les connaissances scientifiques du
phénomène sonore et de ses effets sur notre matière
organique avec ses dernières découvertes.
A partir du constat que notre culture n’initie plus à l’essence
acoustique des êtres et des choses comme c’était
le cas dans les anciennes traditions, mais qu’il nous
appartient de la redécouvrir, nous chercherons à déterminer
les effets de la voix chantée sur notre conscience corporelle
dans une approche traditionnelle puis une approche ethnique.
Nous étudierons les effets de ces pratiques différentes
dans le cadre de deux ateliers proposés à un
petit groupe d’adultes.
Nous suivrons ensuite un parcours d’exploration de
l’oreille pour démêler les idées
reçues sur ce mode de perception, et analyserons une
première méthode thérapeutique et ses
limites, puis une autre approche qui en découle conçue
pour réunir langage verbal et musical et agir sur le
point de focalisation de notre l’écoute. Enfin
nous étudierons le cas de trois jeunes suivis en musicothérapie
dans un IME proche de Paris pour illustrer des relations tissées
via le son de la voix chantée. |