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Résumé
Etre hospitalisée pour anorexie mentale est une
situation difficile à vivre pour la patiente et sa famille.
En effet, il est inconcevable pour la jeune fille de se voir
maigre et donc compliqué pour cette dernière de
prendre conscience de son image corporelle telle que nous la
percevons dans la réalité.
A l’hôpital Montsouris, l’équipe pluridisciplinaire
(médicale et paramédicale) travaille avec un contrat
de poids déterminé à l’entretien d’admission
et qui définit, entre autre, le cadre de l’hospitalisation.
Notons également que le mode d’hospitalisation est
libre ce qui implique l’accord du patient aux soins qui
sont prodigués. Mais comment ces adolescentes arrivant
en état de dénutrition peuvent elles envisager
des soins alors qu’elles montrent une grande souffrance à vivre
et qu’on leur impose des règles strictes de vie
? (Séparation avec la famille et l’environnement
proche, présence aux repas thérapeutiques, aux
entretiens, aux ateliers thérapeutiques…).
« C’est pire que la prison ». Il m’est
arrivée d’entendre à plusieurs reprises ces
quelques mots au détour d’un couloir ou pendant
un entretien. Ces jeunes en souffrance physique et psychique
se voient contraintes pour un temps non déterminé en
avance, de rester dans les murs de l’hôpital et se
sentent pour la plupart enfermées, même si la porte
du service reste toujours ouverte (rappelons que le mode d’hospitalisation
est libre).
Il me semble important de souligner que le sentiment d’être
emprisonné n’est pas alors uniquement engendré par
l’hospitalisation. En effet, ces jeunes filles se sentent également
enfermées dans leur tête et leur hyperactivité mentale,
un des symptômes entre autre de leur maladie, ne les aide
pas à en sortir. Or, « l’homme devient ce à quoi
il pense et ce à quoi il pense est fortement influencé par
la parole et la musique » (Guide pratique de la musicothérapie.
Par le Dr Léon Bence, p11). Dans un tel contexte il paraît
donc intéressant, par rapport à cette maladie bien
particulière qu’est l’anorexie mentale, de
travailler sur les notions d’intérieur et d’extérieur,
(contrat de soins mais aussi les notions de « dedans et
dehors » par la représentation du schémas
corporel…)
Ainsi l’idée du « voyage sonore » m’est
apparue. J’ai émis l’hypothèse que
si les patientes oubliaient l’hôpital le temps d’un « voyage
sonore », elles pourraient peut être accéder
plus facilement à une introspection*(cf. glossaire).
En effet, mon métier d’infirmière en psychiatrie
depuis six ans auprès de jeunes en difficulté m’a
amenée à comprendre que la verbalisation des émotions
et du ressenti est nécessaire pour la reconstruction de
soi. Alors, la musicothérapie peut elle servir de support à ces échanges
? Son utilisation (aussi bien active que réceptive) pourrait
elle être une ouverture sur l’extérieur dans
un premier temps (oubli de l’hospitalisation et du sentiment
d’être enfermée, ouverture sur les autres,
découverte d’autres modes de communication, de culture…)
pour aider à se tourner dans un deuxième temps
vers ses propres émotions*, sensations* ? On dit souvent
qu’il faut d’abord s’aimer soi même pour
aimer les autres, mais l’inverse n’est il pas possible
? Ne peut on pas trouver dans l’autre suffisamment de ressources
et d’intérêts pour se dire que ces valeurs
trouvées en autrui valent la peine d’être
vécues par soi même ? En résumé, s’ouvrir
aux autres, prendre conscience d’une autre existence de
vie, ressentir dans sa tête et dans son corps pour s’écouter,
se redécouvrir de façon positive, et donc exister…
Voici donc mon hypothèse de travail qui découle
de ces réflexions : Le voyage sonore est il un outil thérapeutique
permettant à la patiente anorexique hospitalisée
de retrouver le sentiment d’exister ?
L’idée directrice de cette étude est de démontrer
ou non cette hypothèse avec l’aide de différents
supports : observation et analyse du travail de musicothérapie
dans un groupe fermé de patientes souffrant d’anorexie
mentale, et analyse de questionnaires. |
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