Mémoire de Martina CUVEREAU
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  Miroir et passerelle” Atelier s chant avec de jeunes Autistes

Mention
Bien

 
Introduction et Résumé

Manuel Nunes, responsable des projets culturels, me dit en octobre dernier : “Dominique Dufour *1 t’attend. Monte au troisième tout de suite, ils veulent de la musicothérapie chez les autistes !” Cette proposition me réjouit, je suis aux anges en prenant pour la toute première fois l’ascenseur sécurisé qui mène au troisième étage.

Depuis 1999 je travaille à l’hôpital Cognacq-Jay, où je dirige des chorales de soignants et de patients. En octobre 2006 j’ai commencé des ateliers de musicothérapie active dans le service “maladies infectieuses”. Manuel Nunes voudrait que la musique soit toujours présente à l’hôpital car il croit dur comme fer à la musicothérapie.

C’est encore Manuel Nunes qui m’a encouragée dans mes études de musicothérapie. Ensemble, nous avons organisé beaucoup de petits concerts à l’hôpital ou dans des églises *2 parisiennes. Nous avons pu y constater l’effet bénéfique de la musique sur les patients, même très malades, même en fin de vie. Il y a trois ans Manuel Nunes m’a aussi parlé d’une chorale d’autistes avec laquelle nous pourrions faire un concert de Noël. C’est ainsi que nous avons chanté avec les jeunes autistes de la chorale “Turbulences” et ce fut pour tous : les jeunes “Turbulents”, les autres chanteurs, les musiciens, le public et moi-même un moment inoubliable. C’est lors des répétitions hebdomadaires des “Turbulents” qui avaient lieu au Théâtre du Lucernaire que j’ai littéralement succombé aux charmes de ces jeunes patients incroyablement attachants. Depuis cette rencontre, je rêvais de travailler avec eux et j’avais été heureusement surprise d’apprendre qu’un Institut Médico Educatif allait être crée à l’Hôpital Cognacq-Jay. Mon rêve se réalise donc fin novembre, lorsque je commence mes ateliers chant auprès de ces adolescents. Chaque semaine je vis de nouvelles aventures passionnantes, même si certaines séances de travail sont particulièrement éprouvantes.

Je pars de l’hypothèse que le travail effectué avec les autistes pendant les ateliers chant, va leur permettre de développer leur langage et va les amener à parler. Les différentes étapes de ce travail sont les suivantes :

- Plonger les autistes dans un bain de sons qui les rassure et les met dans un état plus réceptif.
- Leur donner ensuite envie de jouer avec leur voix
- Leur apprendre de petits chants simples avec des onomatopées ou des paroles très faciles.
- Faire chanter les autistes de telle sorte qu’ils prennent confiance en eux et progressivement prennent plaisir à prononcer les paroles des chants proposés.
- Finalement les autistes vont expérimenter leurs nouveaux acquis hors de l’atelier chant.

Bien évidemment, j’ai conscience de mes erreurs de débutante et des progrès à accomplir. J’essaye de trouver des livres, des articles, des thèses. Hélas, la littérature en ce qui concerne la musicothérapie active où seul le chant est utilisé, de surcroît en groupe, se fait très rare. Alors avec l’aide de Yann Bouffort, l’éducateur qui anime les séances hebdomadaires avec moi, on expérimente, on propose, on hésite, on re-commence.

Un extrait du livre de Howard Buten *3 “Il y a quelqu’un là-dedans” me reste constamment à l’esprit quand je travaille à l’IME :

« J’ai été étonné d’apprendre un jour qu’il existe des professionnels de l’autisme qui ne regardent jamais les autistes dans les yeux. C’est pourtant la chose la plus indispensable ! Il faut les regarder non seulement droit dans les yeux, mais avec un regard si accueillant, si ouvert, sans contenu ni jugement, qu’ils ne pourront pas nous résister. Il faut faire de son regard une maison, conçue exprès pour eux, la porte grande ouverte, peinte à leurs couleurs, meublée à leur goût. »

Dans ce mémoire, je vais tout d’abord vous présenter l’IME de l’Hôpital Cognacq-Jay. Ensuite, je vous détaillerai l’autisme infantile précoce. Afin que vous fassiez la connaissance des jeunes patients de l’IME, j’ai choisie de vous les décrire dans la symptomatologie complexe de l’autisme. Je parlerai ensuite de la musicothérapie, de son historique à l’utilisation de la musicothérapie avec les autistes. Dans la quatrième partie, je vous décrirai les séances des ateliers Chant, suivies à chaque fois de mon vécu durant celles-ci. Je terminerai ce mémoire par l’analyse de ma pratique au niveau musicothérapeutique.

Il se peut que vous trouviez mes propos très simples, presque naïfs. J’ai volontairement voulu garder un maximum de spontanéité dans mes descriptions. Ceci afin que le lecteur puisse évaluer ma progression professionnelle et personnelle. J’ai donc essayé de rester tout à fait sincère et cela ne fut pas chose facile.

Je vous souhaite une bonne lecture à tous !

*1 Dominique Dufour est directrice de l’IME. Pendant plusieurs années elle a été vice-présidente de « Turbulences »
*2 Chapelle Saint Louis de la Salpêtrière, Temple réformé du Saint Esprit, la Madeleine, Eglise Sainte Croix des Arméniens, Chapelle Sainte Marie de la Compassion.
*3 BUTEN Howard, « Il y a quelqu’un là-dedans » - Odile Jacob 2003, page 45-46

 

 
 
 

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