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INTRODUCTION
ET HYPOTHESE
L’expression est la manifestation d’une pensée
ou d’un sentiment, par le langage verbal ou graphique,
le corps, le visage ou l’art. Dans le mot ex-pression,
j’entends aussi l’expulsion d’une tension,
la possibilité donc, d’un apaisement, d’un
soulagement.
WINNICOTT écrit : « C’est
en jouant, et seulement en jouant, que l’individu, enfant
ou adulte, est capable d’être créatif et
d’utiliser sa personnalité toute entière.
C’est seulement en étant créatif que l’individu
découvre le soi.»
Mais qu’est-ce que le
soi (self) ? WINNICOOT distingue le faux self du vrai
self. Le faux self est le lot de chacun d'entre nous, c'est
celui que l'éducation nous oblige à acquérir
pour entretenir avec nos semblables des relations civilisées. Il
y a problème quand ce faux self prend le dessus et ne
donne plus accès au vrai self. Sinon, le faux self fonctionne
comme une protection qui n'empêche pas le vrai self de
se manifester dans certaines circonstances.
"Qu'en est-il
du vrai self ? Le vrai self abrite ce qui est vivant chez
le sujet, son potentiel de vie psychique créative, ce
par quoi il existe (et ne se contente pas de survivre), ce
qui est à la source de ce que nous appelons spontanéité,
ce qui donne le sentiment, chez l'autre, de l'authenticité,
et qui est relié à ce qu'il y a de plus subjectif
en lui."
La musique, la peinture sous indiction musicale
permettent une mise en mouvement, un transport, je dirai même « un
voyage ». Dans l’expérience que je
décris, à travers le dispositif des séances
que j’ai mis au point, j’ai centré mes choix
musicaux sur les musiques du monde. A travers la recherche
de ces musiques mais aussi à travers les découvertes
que j’ai faites face aux réactions de mes jeunes
auditeurs, de séance en séance je me suis sentie
comme leur compagnon de voyage.
PLATON pensait : « Pour
le corps nous avons la gymnastique et pour l’âme
la musique. » Alors que PLATON sépare le corps
et l’âme, ARISTOTE, lui, parvient à une
conception qui, au contraire, voit dans l’âme la
forme du corps et dit « l’âme est unie
au corps comme la forme à sa matière »
En effet, l’homme est corps et âme, mais comment
définir ce rapport ? Ma définition du corps
est une enveloppe abritant une source infinie de perception,
d’imagination, de création, de sensibilité et
de sentiments. Chaque source est unique, et s’harmonise
ou se déséquilibre à tout moment pouvant
aller jusqu’au désordre, au chaos.
Selon René Girard, « proche
du rite, la musique part de l’ordre, passe par la crise
qui est moment de désordre et va vers la réconciliation.» La
musique et le dessin comme passerelle permettraient de traverser
cette source bouillonnante pour aller vers l’expression
du soi, la réconciliation.
Jean-Marie GUIRAUD-CALADOU
dit : « les sons nous habitent, au plus profond
de notre corps. Si l’entourage de l’enfant le permet,
il trouvera la faculté de communiquer, d’exprimer
sa pensée au moyen de ses sons, se transformant ainsi
en langage. »
Je pars ainsi de l’hypothèse
que lorsque l’expression verbale n’est plus possible,
l’expression musicale, graphique ou picturale pourrait
servir de passerelle vers l’expression du soi, pour permettre à la
personne de se découvrir, et d’aller vers un certain épanouissement,
vers une réconciliation avec le monde qui l’entoure
et avec elle-même.
Ce mémoire comprend quatre
parties. Dans la première, je donne une brève
définition de la communication, je fais part de ma conception
du dessin, et j’y fais aussi une esquisse des pouvoirs
de la musique.
Dans la deuxième, je présente
l’institution, j’aborde succinctement les pathologies
avec lesquelles j’ai travaillé et je décris
ma perception des rencontres que j’ai faites.
Dans la
troisième partie, tout en m’appuyant sur les connaissances
acquises pendant ma formation de musicothérapie mais
aussi à partir de mes expériences, de mes observations,
de mes réflexions et de références bibliographiques,
je décris les dispositifs que j’ai mis en pratique
dans les ateliers E.C.L.O.R.E, E.N.V.O.L et B.D.S.I.M.
Je fais l’analyse de ces ateliers.
Je précise que
J’utilise
des prénoms fictifs dans ce mémoire pour préserver
l’anonymat de toutes les personnes ayant participé aux
séances.
Je présenterai ma discussion et une
conclusion dans la dernière partie.
Donald Woods WINNICOTT.
Jeu et réalité.
« La royauté appartient à l'enfant » dans
la revue de "L'ARC" n°69 consacrée à D.W.WINNICOTT
(imaginaire Gallimard)- 1977
Karine DELOBBE. Histoire d’un
art : la musique.
Annie GUTMAN et Pierre SULLIVAN. Le
visage et la voix.
Brigitte FRANCOIS-SAPPEY. Histoire de la
musique en Europe.
Jean-Marie GUIRAUD-CALADOU. La musique du
fou intelligent.
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