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Résumé
« Jaloux de la parole, le geste court derrière
la pensée,
et demande, lui aussi, à servir d'interprète ».
Henri Bergson.
Depuis près de 6 ans, j'évolue en tant qu'éducatrice
spécialisée auprès d'enfants ou d'adolescents
handicapés mentaux. Peu d'expérience m'a été nécessaire
pour réaliser combien leur parole est défaillante.
En revanche, ce fut un travail de longue haleine que de découvrir
ou d'inventer d'autres moyens d'expression avec ces personnes,
afin qu'elles retrouvent une place de sujet trop souvent perdue.
Alors, comment les aider à “sortir” ces
mots, à les évacuer et à leur donner du
sens? La musique a toujours été un de mes cheval
de bataille car elle a le don de faire réagir et d'éveiller
ces jeunes en difficulté. Et l'éveil n'est-il
pas un premier pas vers l'autre? J'ai pu remarquer que cette énergie
se percevait d'abord en mouvement : rythme frappé, balancements,
pas de danse, etc, chacun des enfants ou adolescents présents
développant un style bien à lui. Ainsi, leur
personnalité semble se dévoiler de manière
dynamique sur la musique... C'est de ce constat qu'est partie
ma recherche.
Depuis un an, au sein d'un externat pour adolescents handicapés
mentaux, je mène l'activité Danse/Expressions
auprès de 6 jeunes filles. J'y associe l'écoute
musicale et “l'instrument corps”, afin, d'une part,
d'éveiller les émotions par la musique et d'autre
part, de les laisser résonner corporellement. Mon objectif
est d'accompagner vers une expression de soi qui ouvrirait
peut-être un espace de communication pouvant déboucher
sur des mots.
Dans ce mémoire, je vous invite à partager ma
pratique dans ses moindres détails. La première
partie crée du lien entre ma pratique actuelle et mes
expériences de vie. Elle constitue en quelque sorte
la personnalité de mon projet. La seconde en expose
le côté institutionnel, le cadre au sein duquel
j'ai évolué cette année. La troisième
décrit ma réflexion avant l'action, développée
elle en quatrième partie. C'est à ce moment que
vous ferez connaissance de Monica, Aude, Maria, Mélanie,
Christine et Ingrid. Mais ce n'est qu'en cinquième et
sixième partie que vous pourrez mesurer la consistance
de mon projet, lorsqu'elles vous dévoileront, par mes
mots, leurs difficultés et leurs potentialités,
confrontées au quotidien de l'activité. Vous
pourrez ainsi vous faire une opinion sur ce projet où les
corps, traversés par la musique, nous chuchotent à l'oreille...
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