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Résumé
Ce mémoire est le fruit d’une expérience
dans le cheminement d’une orthophoniste
venue à la rencontre de la musicothérapie. En
tant qu’orthophoniste, je m’aperçois tous
les
jours que le langage est un ensemble de facteurs très
complexes qui peuvent, en cas de
dysfonctionnements, être une entrave pour permettre une
vie relationnelle de qualité.
Musicienne, je suis sensible à la relation que crée
la musique avec les autres. J’ai donc
voulu me former à la musicothérapie pour mieux
comprendre l’effet de la musique dans
cette relation et en thérapie. Par la dynamique de groupe
vécue en formation, il m’est
apparu évident que la musique, par sa richesse émotionnelle
et expressive, est un outil idéal
pour une meilleure compréhension de soi et de l’autre.
Je travaille actuellement avec des
jeunes patients, de 5 à 16 ans, qui présentent
des troubles spécifiques du langage
(dysphasies) ou de surdité. Dans ce mémoire,
je décris plus particulièrement mon projet
auprès des adolescents ayant une dysphasie qui sont
au plus près de devenir autonomes
socialement et qui doivent donc avoir une communication de
qualité pour s’intégrer le
mieux possible.
Depuis leur plus jeune âge, ces adolescents sont suivis
en rééducation
orthophonique pour favoriser l’accès à un
niveau de langue fonctionnel, c’est-à-dire qui
permet de lire, d’écrire, de se faire comprendre
oralement et de comprendre les autres.
Cependant, ces aspects fonctionnels ne donnent pas toute sa
dimension à la
communication. Une communication de qualité passe par
l’autorisation de se laisser
penser : s’écouter, exprimer ses émotions,
ses ressentis, écouter l’autre, se représenter
ce
que dit l’autre… A l’adolescence, le jeune
entre dans cette période d’affirmation de soi,
de
séparation des objets parentaux. Il doit donc pouvoir
se penser pour se construire.
L’adolescent dysphasique doit se construire avec ses
difficultés de langage liées plus ou
moins à d’autres déficits cognitifs comme
la difficulté pour se faire des représentations
mentales et par conséquent d’ETRE dans la communication.
Ce
mémoire traite donc de la dysphasie, de l’adolescence,
de la musique, de
l’adolescent dysphasique mais qui est un adolescent comme
les autres face à la musique ou
dans son comportement de prise d’indépendance… Je
décris et analyse au fil de ces pages
l’expérience que j’ai partagée avec
deux de mes collègues, orthophoniste et psychologue,
qui m’ont soutenue dans mon projet, mes idées
et mes questionnements. J’essaie, au
travers de ces lignes, de faire revivre les réactions
ainsi que les créations langagières,
musicales et corporelles de Vikash, Max, Antoine, Lucien, Jérôme,
Aubin et Anna dans
leur cheminement vers une meilleure communication grâce à la
dynamique (parfois
dynamite) de groupe. Grâce à la force émotionnelle
que dégage la musique et au cadre des
séances, les adolescents se font peu à peu des
représentations mentales, les évoquent et les
partagent. Chacun, à son rythme, prend place dans le
groupe, dans l’écoute de soi, de
l’autre voire dans l’échange. Musicothérapie
réceptive et musicothérapie active se
complètent pour l’avancée et le plaisir
de chacun. Le chemin n’est pas fini, mais la
poursuite de ce travail peut permettre à ces jeunes
de devenir des adultes épanouis dans
cette société de communication. |
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