Mémoire de Emmanuelle VANNIER
Soutenu juin 2009
 
  Rôle d’un groupe de Musicothérapie pour amener l’adolescent dysphasique à prendre place dans la commuunication

Mention
Bien +

 
Résumé

Ce mémoire est le fruit d’une expérience dans le cheminement d’une orthophoniste venue à la rencontre de la musicothérapie. En tant qu’orthophoniste, je m’aperçois tous les jours que le langage est un ensemble de facteurs très complexes qui peuvent, en cas de dysfonctionnements, être une entrave pour permettre une vie relationnelle de qualité. Musicienne, je suis sensible à la relation que crée la musique avec les autres. J’ai donc voulu me former à la musicothérapie pour mieux comprendre l’effet de la musique dans cette relation et en thérapie. Par la dynamique de groupe vécue en formation, il m’est apparu évident que la musique, par sa richesse émotionnelle et expressive, est un outil idéal pour une meilleure compréhension de soi et de l’autre. Je travaille actuellement avec des jeunes patients, de 5 à 16 ans, qui présentent des troubles spécifiques du langage (dysphasies) ou de surdité. Dans ce mémoire, je décris plus particulièrement mon projet auprès des adolescents ayant une dysphasie qui sont au plus près de devenir autonomes socialement et qui doivent donc avoir une communication de qualité pour s’intégrer le mieux possible.
Depuis leur plus jeune âge, ces adolescents sont suivis en rééducation orthophonique pour favoriser l’accès à un niveau de langue fonctionnel, c’est-à-dire qui permet de lire, d’écrire, de se faire comprendre oralement et de comprendre les autres. Cependant, ces aspects fonctionnels ne donnent pas toute sa dimension à la communication. Une communication de qualité passe par l’autorisation de se laisser penser : s’écouter, exprimer ses émotions, ses ressentis, écouter l’autre, se représenter ce que dit l’autre… A l’adolescence, le jeune entre dans cette période d’affirmation de soi, de séparation des objets parentaux. Il doit donc pouvoir se penser pour se construire. L’adolescent dysphasique doit se construire avec ses difficultés de langage liées plus ou moins à d’autres déficits cognitifs comme la difficulté pour se faire des représentations mentales et par conséquent d’ETRE dans la communication.
Ce mémoire traite donc de la dysphasie, de l’adolescence, de la musique, de l’adolescent dysphasique mais qui est un adolescent comme les autres face à la musique ou dans son comportement de prise d’indépendance… Je décris et analyse au fil de ces pages l’expérience que j’ai partagée avec deux de mes collègues, orthophoniste et psychologue, qui m’ont soutenue dans mon projet, mes idées et mes questionnements. J’essaie, au travers de ces lignes, de faire revivre les réactions ainsi que les créations langagières, musicales et corporelles de Vikash, Max, Antoine, Lucien, Jérôme, Aubin et Anna dans leur cheminement vers une meilleure communication grâce à la dynamique (parfois dynamite) de groupe. Grâce à la force émotionnelle que dégage la musique et au cadre des séances, les adolescents se font peu à peu des représentations mentales, les évoquent et les partagent. Chacun, à son rythme, prend place dans le groupe, dans l’écoute de soi, de l’autre voire dans l’échange. Musicothérapie réceptive et musicothérapie active se complètent pour l’avancée et le plaisir de chacun. Le chemin n’est pas fini, mais la poursuite de ce travail peut permettre à ces jeunes de devenir des adultes épanouis dans cette société de communication.

 
 
 

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