| |
Résumé
La personne âgée démente dérange
et parfois nous fait peur.
Pourtant, les réflexions sur les démences et
leur genèse nous invitent à ouvrir notre
regard et à adopter une vision positive de ces personnes.
Malgré leurs souffrances, elles demeurent des êtres
de relation dotés de ressources qui restent mobilisables.
Pendant dix mois je suis allée au domicile de plusieurs
d’entre elles pour des séances de musicothérapie
individuelle, lors d’un stage effectué dans le
CLIC de la ville du Pecq (Yvelines).
Cette expérience m’a fait découvrir l’univers
complexe du maintien à domicile : ses acteurs institutionnels
et professionnels et les réseaux de solidarité mis
en place, ses « aidants familiaux »,
véritables piliers de ce maintien.
J’ai cherché comment la musicothérapie
pouvait y apporter sa contribution, pour aider la personne âgée à mieux
vivre chez elle ; pour offrir aussi à « l’aidant » une écoute,
un autre regard sur son conjoint, et ouvrir des portes vers
de nouvelles façons de communiquer.
M’interrogeant sur les spécificités d’une
intervention à domicile, j’ai élaboré un
protocole d’intervention qui a servi de cadre à mes
séances.
Dans les quelques cas cliniques que j’ai choisi de développer,
je constate que la rencontre sur le lieu de vie de la personne,
la proposition d’un moment de partage musical, créent
un espace de confiance propice à la communication.
Valorisée et sollicitée en premier lieu sur le
registre qui lui reste le plus accessible, celui du non verbal,
la personne âgée démente réveille
alors un certain élan vital. Par le chant, la danse,
le jeu instrumental, le rire aussi parfois, elle s’exprime
dans une créativité à la mesure de ses
moyens. Par l’écoute musicale, par l’évocation
de souvenirs, elle trouve réconfort, apaisement et revalorisation.
|
|