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Résumé
Ce mémoire s’inscrit dans le champ de la musicothérapie
réceptive, et en propose un éclairage.
Il y sera question d’une réflexion sur l’altérité,
inspirée du célèbre « Je est un
autre »
d’A.Rimbaud
.
Etant moi-même celle qui fut l’objet de cette analyse
clinique, « l’animal de laboratoire », je
proposerai en conséquence et
dans un premier temps, la description de mon vécu personnel,
thérapeutique, professionnel
et artistique :
Pour cela, je décrirai tout d’abord la place considérable
que tient la musique dans ma vie, quels furent les évènements
qui mirent à mal
ma relation avec elle, et qui me conduisirent, par un chemin
chaotique, jusqu’à la formation
au CIM.
Je relaterai ensuite les expériences vécues au
sein du groupe 59, qui mirent en lumière les différents éléments
de la problématique
qui était la mienne : recherche de la toutepuissance,
fragilité de la faille narcissique, mise en question
de l’identité et du réel. De toutes ces
expériences axées sur la représentation
de soi s’est extraite l’idée essentielle
: je n’étais pas réductible à ce
que je croyais être, un Autre en moi apparaissait à chaque
difficulté, ou situation inconnue.
J’expliquerai comment d’expérience en expérience,
la musique joua le rôle d’un miroir reflétant
cet Autre, dont les découvertes successives ébranlèrent
la construction de mon identité et ma perception du
réel, jusqu’à me
plonger au creuset de la mélancolie. Je raconterai également
de quelle manière elle me
permit de commencer à réparer ce qui était
endommagé.
Je retracerai alors deux expériences vécues après
la formation, dans le cadre professionnel, qui me donnèrent
l’occasion de mettre en pratique
cette idée fondamentale, en me confrontant, d’une
part à ma musique détestée,
et d’autre part à l’improvisation, qui représentait
alors un blocage.
Enfin, je détaillerai les nombreuses prises de conscience
qui s’ensuivirent, les changements qu’elles suscitèrent,
et je terminerai cette première
partie en faisant l’état des lieux de ma situation
actuelle, tant au niveau thérapeutique que
professionnel.
Dans un second temps, je tenterai de dégager une théorie
de ce cheminement :
Tout d’abord, en miroir à la problématique énoncée,
je reprendrai les éléments qui la constituent
: il y sera question de la toute-puissance, du narcissisme
et de l’identité, de la distinction établie
par J.Lacan entre réel, réalité et
fantasme, et enfin de la souffrance, des symptômes et
des mécanismes de défense.
Puis
je me concentrerai sur la musique, en essayant de démontrer
en quoi, parce qu’elle prend un sens singulier dans la
vie de chacun, elle peut être
un outil thérapeutique incontestable, relayant la parole,
et pouvant ainsi redynamiser une thérapie qui s’enlise.
Je reprendrai certaines des expériences décrites
en première partie, pour montrer comment la musique nous
invite à travailler la question de l’altérité.
Elle permet ainsi de poser une problématique binaire,
opposant une représentation
valorisante et idéale de soi, et ce que l’on déteste
en soi. En m’interrogeant sur
le devenir de ces musiques détestées et préférées,
je montrerai qu’un curseur se déplace de l’une à l’autre.
Je prendrai ensuite le temps de revenir sur la difficulté,
source du dépassement
de soi, capable d’offrir une tout autre
envergure au travail thérapeutique.
Si le patient est pris dans un tiraillement entre sa musique
détestée et sa musique préférée,
j’expliquerai ce que peut lui proposer le thérapeute
: une troisième voie, la « voie du milieu »,
d’où peut émerger un Autre,
sujet créateur. Il n’y a plus désormais un
Autre, mais des Autres.
Je prendrai le temps ensuite de m’interroger sur l’Autre,
sujet créateur, des points de vue philosophique, poétique,
psychanalytique et artistique.
Je parlerai alors de la fonction particulière du cadre
thérapeutique, de la singularité de l’écoute
du thérapeute, de la nécessité qui
lui incombe de poser un acte de foi technique par lequel chaque évènement
thérapeutique devient
un évènement créatif. Un acte de foi indispensable à l’éclosion
du sujet.
Enfin, je proposerai un protocole de travail, en précisant à quel
public il s’adresserait, pourquoi le groupe en serait le
lieu privilégié,
et quelles en seraient les étapes successives.
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