Mémoire de Isabelle SAINT-YVES
Soutenu juin 2010
 
  Je est un Autre

Mention
Passable

 
Résumé

Ce mémoire s’inscrit dans le champ de la musicothérapie réceptive, et en propose un éclairage.

Il y sera question d’une réflexion sur l’altérité, inspirée du célèbre « Je est un autre »
d’A.Rimbaud
.
Etant moi-même celle qui fut l’objet de cette analyse clinique, « l’animal de laboratoire », je proposerai en conséquence et dans un premier temps, la description de mon vécu personnel, thérapeutique, professionnel et artistique :

Pour cela, je décrirai tout d’abord la place considérable que tient la musique dans ma vie, quels furent les évènements qui mirent à mal ma relation avec elle, et qui me conduisirent, par un chemin chaotique, jusqu’à la formation au CIM.

Je relaterai ensuite les expériences vécues au sein du groupe 59, qui mirent en lumière les différents éléments de la problématique qui était la mienne : recherche de la toutepuissance, fragilité de la faille narcissique, mise en question de l’identité et du réel. De toutes ces expériences axées sur la représentation de soi s’est extraite l’idée essentielle : je n’étais pas réductible à ce que je croyais être, un Autre en moi apparaissait à chaque difficulté, ou situation inconnue.

J’expliquerai comment d’expérience en expérience, la musique joua le rôle d’un miroir reflétant cet Autre, dont les découvertes successives ébranlèrent la construction de mon identité et ma perception du réel, jusqu’à me plonger au creuset de la mélancolie. Je raconterai également de quelle manière elle me permit de commencer à réparer ce qui était endommagé.

Je retracerai alors deux expériences vécues après la formation, dans le cadre professionnel, qui me donnèrent l’occasion de mettre en pratique cette idée fondamentale, en me confrontant, d’une part à ma musique détestée, et d’autre part à l’improvisation, qui représentait alors un blocage.

Enfin, je détaillerai les nombreuses prises de conscience qui s’ensuivirent, les changements qu’elles suscitèrent, et je terminerai cette première partie en faisant l’état des lieux de ma situation actuelle, tant au niveau thérapeutique que professionnel.

Dans un second temps, je tenterai de dégager une théorie de ce cheminement :

Tout d’abord, en miroir à la problématique énoncée, je reprendrai les éléments qui la constituent : il y sera question de la toute-puissance, du narcissisme et de l’identité, de la distinction établie par J.Lacan entre réel, réalité et fantasme, et enfin de la souffrance, des symptômes et des mécanismes de défense.

Puis je me concentrerai sur la musique, en essayant de démontrer en quoi, parce qu’elle prend un sens singulier dans la vie de chacun, elle peut être un outil thérapeutique incontestable, relayant la parole, et pouvant ainsi redynamiser une thérapie qui s’enlise.

Je reprendrai certaines des expériences décrites en première partie, pour montrer comment la musique nous invite à travailler la question de l’altérité. Elle permet ainsi de poser une problématique binaire, opposant une représentation valorisante et idéale de soi, et ce que l’on déteste en soi. En m’interrogeant sur le devenir de ces musiques détestées et préférées, je montrerai qu’un curseur se déplace de l’une à l’autre. Je prendrai ensuite le temps de revenir sur la difficulté, source du dépassement de soi, capable d’offrir une tout autre
envergure au travail thérapeutique.

Si le patient est pris dans un tiraillement entre sa musique détestée et sa musique préférée, j’expliquerai ce que peut lui proposer le thérapeute : une troisième voie, la « voie du milieu », d’où peut émerger un Autre, sujet créateur. Il n’y a plus désormais un Autre, mais des Autres.

Je prendrai le temps ensuite de m’interroger sur l’Autre, sujet créateur, des points de vue philosophique, poétique, psychanalytique et artistique.

Je parlerai alors de la fonction particulière du cadre thérapeutique, de la singularité de l’écoute du thérapeute, de la nécessité qui lui incombe de poser un acte de foi technique par lequel chaque évènement thérapeutique devient un évènement créatif. Un acte de foi indispensable à l’éclosion du sujet.

Enfin, je proposerai un protocole de travail, en précisant à quel public il s’adresserait, pourquoi le groupe en serait le lieu privilégié, et quelles en seraient les étapes successives.
 

 
 
 

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