Mémoire de Hélène SAVIGNY DEMEZET
Soutenu juin 2010
 
  Voyage musical en soi, ou la reconquête DES continents desertes. La musique permet-elle de réinvestir son corps?

Mention
Très Bien

 
Résumé

Je travaille depuis, 7 ans et demi en maison de retraite, où j’ai pu observer les personnes âgées, hémiplégiques dues à des accidents vasculaires cérébraux, et pour d’autres, parkinsoniens. De nombreuses fractures du col du fémur, les ont amenées a se déplacer en fauteuil roulant, car la rééducation à la marche devient difficile, voire impossible, du fait de leur grand âge. Pour la majorité la démence s’est installée insidieusement.

Musicienne depuis 30 ans, j’ai pu voir les effets positifs que peut procurer une musique sur des personnes tendues. Ce constat m’a permis d’aller plus loin dans mes recherches et d’approfondir mes connaissances sur les effets possibles de la musique sur le comportement et le soma de l’individu.

L’étiquette de « démence ou sénilité » est souvent présente, alors qu’il ne pourrait s’agir d’une fuite, peut-être, un refuge. Les « vieux », trouvent asile dans leur imaginaire, si nous prenons le temps d’avoir une relation vraie, nous pouvons découvrir ce qu’ils veulent bien nous livrer.

Ce qui est frappant c’est le déni, de la paralysie, lorsqu’elle est présente : ces patients ne regardent jamais en direction du côté paralysé.
Pour d’autres de multiples pathologies, les mettent à l’écart des autres et d’eux-mêmes, Il n’y a plus de communication, ce qui peut les conduire à un syndrome de glissement (dépression grave). Les polyhandicapés, se cachent, ne veulent pas être observés, d’où la rupture sociale.

Les patients témoignent de ne plus être chez eux, ni dans leur existence, ni dans leur corps, c’est donc via la musique que je vais tenter, une réappropriation de leur être profond, tant dans le psyché que dans le soma.

Les personnes , polyhandicapées, sont à part entière, des individus communicants, qui ont des difficultés pour s’exprimer et se faire comprendre, mais elles communiquent.
Aujourd’hui la musicothérapie signifie surtout utiliser le son, la musique, le mouvement pour améliorer notre communication avec l’extérieur ou pour obtenir certains bienfaits thérapeutiques, chez les personnes âgées que je côtoie.

Le « cadre », que je leur offre, en musicothérapie, est un espace de liberté, de créativité, et d’expression, à leur rythme, selon leur potentialité. La musique et le sonore, facilitent la découverte (ou redécouverte), ainsi que la rencontre avec soi-même, de l’autre, de l’environnement. La musique peut être un outil pour reconquérir son corps.

Je me suis appuyée sur les études des japonais, Den’etsu Sutoo et Kayo Akiyama, (université de Tsukuba) qui ont mené des études sur la libération de la dopamine lors de l’écoute musicale. Est -il possible d’envisager l’emploi de la musique pour corriger certains symptômes des maladies, liée à la dopamine, comme la maladie de parkinson.

Cette démarche engage les participants dans cheminement vers une plus grande ouverture relationnelle. Ce sont des moments singuliers qui sont observés avec chacun.

Dans une première partie je ferai une analyse sur les apports théoriques, sur lesquels je m’appuie, dans un second temps je ferai une observation et analyses des cas avec lesquels j’ai pu travailler.
 

 
 
 

© Tous droits réservés 2002/2008 - - www.centre-musicotherapie.com